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Accompagnements et conseils pour les étudiants via le Web : Une « vraie relation » à distance ?

5 octobre 2009

Reaching OutNous avons déjà abordé, dans de précédentes notes, certaines difficultés dans l’accompagnement à distance des étudiants. Nos pratiques nous font rencontrer ces difficultés notamment dans le cadre de l’analyse de candidatures pour des stages par exemple. Comment faire dans ce cas pour que les étudiants dont les candidatures sont non pas inopportunes sur une offre, mais simplement mal rédigées, mal tournées, prennent en compte des remarques, des propositions d’amélioration ?

Comment faire pour que des conseils personnels en ligne ne restent pas lettre morte ?

La lecture de l’article Le tutorat à distance : qu’en pensent les étudiants, les tuteurs et les concepteurs ? (Cf. ici), nous apporte quelques compléments de réflexion.

D’abord il nous informe sur cette réalité que nous rencontrons, à savoir « les taux élevés d’abandon souvent observés en formation à distance ». Les interventions et accompagnements dont nous parlons ici ne relèvent pas à proprement parler de la formation, mais nous nous intéresserons aux comparaisons possibles liées à la situation de « relation à distance ».

Pour aller un peu plus loin que la mise à disposition d’un ensemble d’informations, de témoignages, de méthodes, de conseils, sur un site Web, il peut être tentant de proposer des possibilités d’interactions plus personnalisées. La première d’entre elles consistant à proposer des formulaires de contact pour permettre aux usagers de poser des questions. L’interaction reste alors à l’initiative de l’usager.

Mais, sur des démarches comme des candidatures déposées sur un site Web, comment faire pour que les éventuelles remarques et consignes adressées en retour puissent être suivies d’effet ?

La comparaison avec des démarches de tutorat en lignes, telles qu’étudiées dans l’article mentionné plus haut, nous apparaît enrichissante.

Cette situation d’accompagnement à distance par exemple sur l’analyse des candidatures est un « mal nécessaire » si nous considérons d’une part que l’idéal serait une relation directe (« Il est assez largement reconnu que l’interaction en apprentissage constitue une dimension importante du processus de construction des connaissances (Carnwell, 2000 ; Ohl, 2001 ; Parker, 1999 ; Yacci, 2000 » p. 3), et d’autre part l’impossibilité matérielle de cela dans un certain nombre de cas.

« Pour mieux comprendre le rôle des interactions à distance, Shin (2002) définit le concept de présence transactionnelle, qui correspond au degré avec lequel l’étudiant perçoit la disponibilité (availability) des autres acteurs d’une situation de formation à distance et le sentiment d’être en relation avec eux (connectedness). La disponibilité signifie que ce dont on a besoin peut être obtenu sur demande, avec le caractère affectueux caractéristique d’une relation interpersonnelle. Le sentiment d’être en relation renvoie à la croyance d’une réciprocité dans la relation et le jugement d’un individu sur la profondeur de son implication. La présence transactionnelle se distingue de l’interaction en ce qu’elle est une perception et non une interaction réelle. Pour Shin, la perception qu’un étudiant développe de la présence des autres acteurs dépasse la perception de sa situation géographique par rapport aux autres (téléprésence), va plus loin que les sentiments d’intimité et de proximité affective (togetherness), et déborde le sentiment de partager du temps ou de l’espace (présence sociale). Cette perception reflète plutôt les besoins idiosyncrasiques des étudiants d’être en lien avec des ressources d’apprentissage et de support vers lesquelles ils peuvent se tourner quand la nécessité s’en fait sentir. »

Cela nous fait penser que :

Pour donner une légitimité à un conseil donné à distance et faire naître une relation d’accompagnement, il faut :

•    Personnaliser fortement les messages adressés. Dans le contenu, mais aussi dans la « signature ». Ceci renvoi à l’attribution d’un interlocuteur unique, qui sera en mesure le cas échéant d’orienter vers un interlocuteur spécialisé à l’occasion de telle ou telle question. Attribuer un interlocuteur identifié à chaque étudiant, pour essayer d’introduire dans la relation le caractère « affectueux » mentionné.

•    Assurer une stricte réactivité. Ceci afin d’indiquer à l’étudiant qu’il n’est pas une des sollicitations dans une liste interminable et anonyme, mais aussi pour attester d’une « disponibilité » attendue.

Dans le contexte de l’accompagnement des étudiants sur les questions de préparation de l’insertion professionnelle, l’accompagnement à distance a notamment pour intérêt de pouvoir « filtrer » le niveau des demandes et de réserver l’accueil physique aux demandes qui en ont le plus besoin.

Ceci étant, la « gestion » d’une telle « relation à distance » n’en n’est pas moins très exigeante. Il ne peut-être simplement question d’un « délestage » des points d’accueil physique. Il faut y consacrer du temps et de a méthode.

Cela nous fait réévaluer nos méthodes de travail :

Comme indiqué dans plusieurs notes précédentes, Interfaces Compétences réalise notamment un travail de relecture de candidatures d’étudiants pour des stages via son dispositif pass-pro ainsi que dans le cadre de coopérations universitaires.

La procédure actuelle est telle que toutes les candidatures « subissent » cette relecture.

Les avantages de cette méthode ont notamment été évoqués ICI.

Cependant, il existe aussi des contraintes et désavantages :
•    Très forte sollicitation d’un point de vue quantitatif.
•    Ce qui limite proportionnellement la réactivité et la possibilité de personnalisation.
•    Cette procédure n’est pas choisie par l’étudiant, et donc sa propre implication dans le suivi des conseils et des échanges qui pourraient naître est « modérée ».

Au regard des analyses considérées ici nous allons réexaminer le caractère systématique et unique de nos procédures de suivies, pour proposer à chaque étudiant plusieurs niveaux d’accompagnement, de manière à ce que nous disposions du temps nécessaire pour les accompagnements les plus exigeants qui auront été sollicités.

Ceci étant, cela suppose également de pouvoir renvoyer aux étudiants des informations leur permettant d’évaluer leurs besoins, afin qu’ils sachent choisir le niveau d’accompagnement leur correspondant.

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2 commentaires leave one →
  1. 6 octobre 2009 17:49

    Bonjour,

    C’est la notion « d’ingénierie tutorale » qui me semble la plus féconde pour l’institution amenée à penser le tutorat et celle de « système tutoral » qui permet d’identifier les tuteurs, leurs périmètres d’action et d’articuler leurs tâches.

    A lire :
    Un exemple de système tutoral : http://blogdetad.blogspot.com/2009/06/exemple-de-systeme-tutoral-par-jacques.html

    Ingénierie des systèmes tutoraux : http://blogdetad.blogspot.com/2009/05/ingenierie-des-systemes-tutoraux-par.html

    Cordialement,
    Jacques Rodet
    http://sites.google.com/site/jacquesrodet

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