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Les réseaux (1) : La force des liens faibles !

8 mars 2010

Source de discrimination, méthode de recherche de stage ou d’emploi, lieu de diffusion de nombre d’offres échappant aux diffusions officielles, les réseaux personnels sont une question récurrente en matière d’insertion professionnelle et de fonctionnement du marché de l’emploi. Nous commençons ici une série de notes sur cette question.

Pour commencer, nous nous intéresserons à une thèse fort réjouissante et source d’optimisme pour tout étudiant se croyant dépourvu de réseau, de connaissances utiles dans la perspective de la recherche d’un stage ou d’un premier emploi.

Le sociologue américain Mark Granovetter, professeur à l’université de Stanford, a publié au début des années 1970 la première version d’un article important sur cette question : La force des liens faibles. (Cet article est notamment disponible dans ce recueil : Sociologie économique).

Ce que nous retenons de cet article :

L’auteur distingue trois types de relations entre individus. Les liens faibles, les liens forts, et l’absence de lien. La force d’un lien étant déterminée en fonction de la quantité de temps partagé, de l’intensité émotionnelle, de l’intimité (la confiance mutuelle) et des services réciproques qui caractérisent ce lien.

Dans un premier temps, l’auteur montre que si deux personnes ont des liens forts, alors la probabilité pour qu’ils partagent des amis communs est elle aussi forte. Et plus ces liens sont forts, plus la probabilité pour que des relations qui n’étaient pas partagées initialement le deviennent.

Ce fait va avoir une conséquence importante sur l’efficacité spécifique des liens forts d’une part et des liens faibles d’autre part, dans les processus de diffusion.

En effet, Si une personne A diffuse prioritairement, principalement, une information à ses liens forts, alors, ceux-ci répercuteront souvent cette information à des personnes déjà informée par la première source A du message, puisqu’elles l’ont en commun. À l’inverse, si cette personne A diffuse cette même information à des liens faibles, alors la répercussion que pourront faire ces personnes se fera quasi exclusivement vers des personnes vers lesquelles A n’aurait pas pu diffuser son information.

Les conclusions importantes pour la question qui nous intéresse sont celles-ci :
•    « Pour atteindre des contacts indirects, un individu doit passer par les liens de ce secteur « faible » ; ce type de lien est donc essentiel lorsque l’on s’intéresse à la manipulation du réseau par l’individu. »
•    « (L’importance de ces liens faibles) provient également du fait que ce sont les voies par lesquelles des idées, des influences ou des informations socialement distantes de l’individu peuvent l’atteindre. Moins un individu a de contacts indirects, plus sa connaissance du monde situé au-delà de son cercle d’amis sera déterminée par ce dernier. »

Et cette analyse théorique et généraliste a été par la suite appliquée, testée, dans plusieurs domaines, dont celui de la mobilité professionnelle. Et il est apparu qu’elle a été confirmée, par exemple par le fait que pour les personnes ayant trouvé leur emploi par le biais d’une relation, dans une très importante majorité des cas, cela s’était fait par l’intermédiaire d’une relation éloignée, faible.

Peut-être pouvons nous penser que nos relations « fortes » sont plus motivées pour essayer de trouver l’information qui nous aidera dans une recherche d’emploi, mais nos relations « faibles » ont cet avantage décisif qu’elles évoluent dans des cercles différents et qu’elles ont alors accès à des informations différentes de celles que l’ont reçoit et qui sont souvent les mêmes que celles reçues par nos liens forts.

Comme le dit Mark Granovetter, « l’effet de structure est plus important que celui de la motivation. »

Ceci nous fait penser que.

Nous sommes tous inscrits dans des réseaux de connaissances, de relations diverses, etc. Et l’impact de ces réseaux sur notre vie est peut-être plus important que nous ne le pensons.

Mais en même temps, ces réseaux sont beaucoup plus larges, plus divers, plus grand, que nous ne le pensons. Nous ne voyons spontanément que le réseau de nos relations fortes, proches, alors que nous sommes en fait inscrit dans beaucoup plus de relations que cela.

Et il se trouve que ce sont ces relations oubliées, négligées, qui sont source de très grandes richesses, d’informations inaccessibles au sein de notre seul réseau de liens forts, et donc, notamment, un très riche atout pour l’accès à des informations importantes dans la recherche d’un stage ou d’un emploi.

Il convient donc de ne pas hésiter à solliciter des relations très éloignées, très anciennes, dans le cadre de telles recherches, car par-delà nos a priori sur leur éventuelle désintérêt pour notre demande, elles ont accès à de très nombreuses informations que ne pourront pas nous apporter nos relations fortes.

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