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Les réseaux (2) : Un secret trop bien gardé !

29 mars 2010

Nous continuons nos analyses sur la question des réseaux. Après un premier regard (ici) sur « la force des liens faibles », nous nous arrêterons dans la présente note sur la triple illusion du caractère « secret » des réseaux.

L’illusion d’optique quant aux réseaux des autres.

Dans le champ qui nous intéresse, apprendre qu’un tel ou une telle a obtenu un stage ou un emploi « par connaissances » renvoie à un ensemble de considérations sur des réseaux, des solidarités, que nous n’aurions pas, sur ces « réseaux » qui sont comme des pouvoirs occultes.

Mais comme nous l’indiquions dans notre précédente note, les études effectuées quant à l’impact des « relations » dans l’obtention d’un emploi, indiquent que ce ne sont pas les relations proches, ce que l’on entend souvent par « réseau », qui permettent d’obtenir une bonne information, mais au contraire, des relations faibles, lointaines, avec lesquelles nous n’entretenons pas de lien régulier. Ainsi, l’image de réseaux de fortes solidarités peut correspondre à quelques réalités, mais en aucun cas à la situation générale.

Des coïncidences qui n’en sont pas.

Nous avons également évoqué dans la précédente note les analyses qui permettent de comprendre pourquoi, souvent, les personnes avec lesquelles nous avons des « liens forts » se connaissent entre elles.

Une expérience que chacune et chacun a eu l’occasion de faire plusieurs fois et qui conduit à se dire que « le monde est petit », en constatant que deux individus que l’on connaît dans des contextes très divers se connaissent par ailleurs, a conduit à la réalisation de plusieurs études pour essayer de voir ce qui pouvait se cacher derrière cette apparence d’étrange hasard.

Ces démarches ont conduit à l’élaboration de modèles théoriques sur la nature des réseaux sociaux et ont conduit à des expériences à grande échelle dans de nombreux pays. Ainsi, une expérience menée aux Etats-Unis a mis en évidence que la distance « sociale » moyenne entre deux individus pris au hasard au sein de la population américaine était d’environ cinq intermédiaires.

Ceci nous indique la densité du réseau social global dans lequel nous sommes toutes et tous intimement mêlés.

Ouvrir les yeux sur son propre réseau.

Par contre, souvent, le plus secret des réseaux est le sien propre.

Un exercice peut être proposé aux étudiants ou jeunes diplômés (et en fait à n’importe qui), pour commencer à prendre conscience de l’importance de leur réseau. Il suffit pour cela de reprendre la méthodologie utilisée par l’INSEE lorsqu’il réalise son « enquête contacts », qui vise à mettre en évidence la nature et la densité des contacts entretenus par les français.

Pendant une semaine complète, toutes les 15 minutes, il convient de noter les personnes avec lesquelles on a été en contact, et d’indiquer succinctement la nature de ces contacts. Ce travail est un exercice assez fastidieux, mais il a pour effet de lever un voile sur ce « réseau » que chacun pense ne pas avoir à l’inverse des autres.

Ceci nous fait penser que.

Agissant très fortement sur nous, nos liens sociaux, le réseau social dans lequel nous sommes inscrit, nous est largement invisible. Prendre conscience de son existence, de sa force, et se donner les moyens de l’objectiver quelque peu, sont des étapes préalables nécessaires pour pouvoir essayer de l’utiliser plutôt que d’en être dépendant. Et comme nous l’avons vu avec la méthodologie présentée, un simple carnet peut y suffire.

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