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Étudiants de Lettres, sciences humaines et sociales : de la méthode, mais aussi des savoirs !

7 juin 2010

Le 18 mai dernier, Interfaces Compétences avait été invitée à prendre part aux journées inter-universitaires organisées par le Carrefour des Étudiants de l’université de Limoges. Sept BAIP et SCUIO étaient présents pour deux jours d’échanges, notamment sur la question de l’insertion professionnelle des étudiants de lettres et sciences humaines et sociales.

À cette occasion nous avons fait part d’une petite réflexion sur cette problématique.

La méthode mise en avant (parfois un peu vite)

Souvent, le discours entourant la problématique de l’insertion professionnelle des étudiants des formations de Lettres, Sciences humaines et sociales, s’appuie fortement sur des compétences attribuées en termes de méthodologies, des dispositions d’esprit, que ces étudiants cultiveraient particulièrement.

Face à des employeurs qui recherchent des « personnalités », des « caractères », autant que des diplômes, mettre en avant des capacités d’autonomie, de curiosité, d’apprentissage, etc., n’est pas une mauvaise stratégie.

Mais cela ne doit pas être une présentation de soi que l’étudiant « répète » dans une lettre de motivation, sans s’être préalablement questionné, sans avoir fait le bilan pour lui-même de la réalité de ces caractéristiques. Il ne suffit pas d’avoir fait cinq années d’études en Lettres, en philosophie, en psychologie, en histoire, etc., pour de fait, être autonome, curieux, adaptable et avoir des dispositions spontanées d’apprentissage, etc.

Aussi, pour étayer ces « atouts » parfois un peu vite autoproclamés, avoir complété ses années d’études par des expériences (stages, jobs, engagements associatifs structurés, etc.) est la meilleure manière d’avoir pu « tester » ces éléments de personnalité, ces tournures d’esprit.

Des connaissances souvent « abandonnées »

À l’inverse, les connaissances acquises à l’occasion de ces études sont très rarement mises en avant dans les démarches de candidature et de présentation de soi par ces mêmes étudiants.

Une expérience toute simple peut être proposée. Faire lire un ouvrage de management, ou de gestion des ressources humaines, ou d’organisation de la production, etc., à ces étudiants. Ils seront normalement très frappés de voir la profusion de citations et de références à un nombre considérable d’œuvres et de théories littéraires, psychologiques, sociologique, philosophiques, etc.

Les savoirs travaillés par ces étudiants ne sont pas sans rapport avec la vie d’une organisation professionnelle.

Le lien est ici moins évident que s’agissant de méthodes, mais non moins réel. Et là aussi, une démarche d’expérimentation, pendant les années d’études, permettant de construire des ponts entre des contenus de connaissance très généraux et des pratiques de groupe, de production, de communication, de conviction, d’évaluation, ou toute autre activité opérationnelle dans un cadre de professionnalisation, apparaît comme un levier essentiel pour construire son projet et sa transition professionnels.

Sauf à considérer que les « idées », les « théories », de la littérature et des sciences humaines et sociales sont sans rapport avec le monde, ce n’est pas leur tourner le dos et les dénaturer que de s’interroger activement sur leur enracinement. La dialectique de Platon, philosophe « idéaliste » par excellence, affirmait ce lien entre les « idées » et les « choses ».

Pour savoir que la deuxième maxime de la morale par provision proposée par Descartes dans le discours de la méthode, n’est pas qu’un simple jeu intellectuel, mais un outil d’une redoutable efficacité pour gérer des situations d’incertitude, il faut l’avoir étudiée, mais il faut aussi l’avoir confrontée à des situations réelles, l’avoir mise à l’épreuve, l’avoir expérimentée.

Conclusion

Chaque étudiant(e) en Lettres ou sciences humaines et sociales, peut apprendre à faire le lien entre les connaissances passionnément travaillées, et des pratiques professionnelles. Encore une fois, jeter un coup d’œil à la littérature manageriale, entrepreneuriale, suffit à voir que le « monde du travail » ne se prive pas d’appuyer ses réflexions, ses méthodes, ses analyses, ses pratiques, sur ces mêmes connaissances.

Quelle situation étrange alors que de voir tant et tant d’étudiants de lettres et sciences humaines et sociales ne rien dire de ces connaissances dans leurs démarches d’approches des entreprises et employeurs.

Depuis l’origine de notre projet, Interfaces Compétences porte cette conviction et propose nombre d’actions visant à permettre aux étudiants qui le souhaitent de construire leur cursus de manière à découvrir les liens qui relient leurs connaissances « universitaires » et des réflexions et pratiques professionnelles très nombreuses.

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