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Faire du stage une expérience intercultruelle !

14 juin 2010

Prolongeant ici nos réflexions sur la dimension interculturelle de l’intégration des étudiants et jeunes diplômés dans l’entreprise, et plus généralement au sein de toute structure professionnelle, nous nous interrogeons sur la possibilité de faire d’un stage une telle expérience d’interculturalité.

Pour cela, nous nous inspirerons d’une étude d’Hélène Zumbihl, docteur en didactique des langues, intitulée Résultats d’une recherche sur l’intégration de l’apprentissage expérientiel en vue de l’acquisition de la compétence de médiation culturelle en milieu universitaire.

Comme le précise l’auteur, cette étude étant directement articulée à une expérimentation, ses conclusions les plus fortes ne valent que relativement à ce terrain d’expérimentation précis. Cependant, l’auteur elle-même indique que « cette expérimentation souhaite cependant donner des pistes et être une voie pour de futures recherches sur la didactisation de la compétence de médiation culturelles dans d’autres apprentissages ». C’est donc dans cette ouverture que nous allons passer un petit coup d’œil.

Croisement de problématiques

Comme évoqué à plusieurs reprises (notamment ici et ici), nous travaillons depuis un certain temps sur les conséquences de l’hypothèse selon laquelle la réussite de l’intégration des étudiants et jeunes diplômés dans l’entreprise et le « monde du travail » en général, suppose de résoudre des difficultés relevant d’enjeux interculturels.

Dans cette optique, le stage, quel que soit son domaine, les missions qu’il recouvre, peut, et devrait, à part entière, être conçu, réalisé et vécu comme une expérience d’apprentissage de la compétence de « médiation culturelle » que tous les étudiants et leurs interlocuteurs professionnels devraient acquérir pour réussir leur coopération.

L’étude menée par Hélène Zumbihl nous intéresse plus particulièrement par ses analyses des enjeux de didactisation de la compétence de médiation culturelle d’une part, et ses conclusions générales d’autre part. En référence à des travaux sur l’apprentissage de l’interculturalité, elle distingue trois phase d’accès à la compétence de médiation culturelle :
1/ La curiosité et l’étonnement
2/ La reconnaissance et l’appréciation des différences
3/ L’accès à la médiation

Cependant, en référence à plusieurs théories, ou approches théoriques, de l’expérience interculturelle, l’auteur indique que cet apprentissage expérientiel (lors du stage) « doit s’inscrire à la fois :
•    Dans un cadre cognitiviste : une préparation à la compréhension de l’altérité et de la rencontre interculturelle.
•    Dans un cadre constructiviste : l’expérience individuelle de l’apport et le processus d’apprentissage expérientiel vont lui permettre de se construire personnellement, il va parvenir à un équilibre entre ce qu’il saura déjà et ce qu’il aura expérimenté.
•    Dans un cadre humaniste : l’expérience va être personnelle et individuelle, chaque apprenant va en retirer une analyse personnelle et un développement personnel durant lesquels l’enseignant, chaque fois, sera un accompagnateur et facilitateur. »

Enfin, l’auteur souligne qu’ « afin de permettre l’analyse de l’expérience individuelle au retour du stage, il serait souhaitable dans un cadre pédagogique de favoriser la verbalisation de l’expérience ».

Faire du stage une expérience interculturelle !

La confrontation à cette recherche – action met en évidence deux points importants :
1/ Un stage peut être une expérience interculturelle
2/ Pour qu’un stage permette une acquisition de la compétence de médiation culturelle, celui-ci doit être préparé, réalisé et analysé de manière spécifique.

Si nous voulons que les étudiants comme les professionnels qui les accueillent, prennent pleinement conscience et prennent en charge la dimension interculturelle de leur relation, plutôt qu’ils ne fassent qu’en constater quelques conséquences négatives sous la forme d’incompréhensions ou de conflits, il est nécessaire de sensibiliser, d’informer, d’outiller, les uns et les autres avant le début de la coopération.

Informer sur cette problématique, apporter des éléments de compréhension, une méthodologie guidant chacun dans la découverte et la compréhension de l’autre, ainsi qu’au profit d’une prise de distance vis-à-vis de ses propres références, valeurs, comportements, etc.

Les analyses d’Hélène Zumbihl posent également la question du tiers dans la « gestion » de cette relation interculturelle. Ici la fonction de l’enseignant est étendue à un important accompagnement de l’étudiant pour le guider dans son évolution personnelle et sa compréhension de la culture de l’autre.

Il nous semble que dans le cas beaucoup plus général que nous considérons, par rapport au contexte spécifique de l’étude d’Hélène Zumbihl, la fonction de ce tiers pourrait, devrait, être élargie à un accompagnement tant de l’étudiant que du professionnel.

Ainsi, si tout stage met en jeu des problématiques interculturelles, il faut encore donner les moyens aux étudiants et professionnels de ne pas les subir, mais de prendre en charge ces questions et d’acquérir ainsi des compétences de médiation culturelle qui seront utiles aux uns et aux autres pour la réussite de l’intégration des jeunes diplômés.

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