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Une société et une économie de la connaissance. Bonne nouvelle pour les étudiants de l’université ? Le début d’un questionnement.

22 novembre 2010

Analyser, agir, partager, dans le champ de l’anticipation de l’insertion professionnelle des étudiants et leur transition vers l’emploi, tels sont les axes de la démarche de l’association Interfaces Compétences.

La démarche d’analyse, de veille, d’échange d’expériences, a été systématisée dans notre fonctionnement depuis maintenant deux ans. Dans les toutes premières semaines de 2011 nous aurons l’occasion de vous présenter les changements opérationnels induits par les analyses conduites lors de ces deux dernières années. Qu’il s’agisse de l’accompagnement des étudiants, des services aux employeurs, ou des coopérations possibles avec des universités, l’ensemble de ces champs d’action de l’association vont bénéficier des prolongements concrets et opérationnels de ce travail de réflexion.

Ces réflexions ont notamment porté sur les aspects « culturels » de cette problématique, sur le rapport au collectif, le sens accordé au travail, les différences générationnelles.

Nous avons commencé il y a peu à toucher à la question de la « société de la connaissance » ou de l’« économie de la connaissance », à l’occasion de quelques notes sur l’histoire et les enjeux contemporains de l’orientation scolaire et professionnelle (ICI, ICI, ICI).

Nous nous proposons dans les prochains mois d’approfondir cette question, et d’explorer les enjeux, les implications, de cette réalité sur la professionnalisation et la transition vers l’emploi des étudiants et jeunes diplômés de l’université.

Des connaissances techniques et instrumentales ou une culture de l’interprétation ?

Le récent livre L’avenir des humanités, d’Yves Citton, nous donne l’occasion de cette question. Parmi les questions abordées il y a inévitablement celle de savoir si effectivement nous sommes entrés dans une telle société et une telle économie. Ce doute est rapidement levé en soulignant notamment l’accélération de la circulation de l’information, le coût marginal de cette circulation potentiellement nul, l’accélération des rythmes d’innovation à tous les niveaux de l’appareil productif, l’importance croissante des savoirs relationnels dans l’économie, la part croissante des actifs immatériels dans la valorisation des entreprises par rapport à leurs actifs matériels, etc.

Mais cette évolution est de plus porteuse d’un second niveau. En effet, l’auteur pointe le fait que cette montée en puissance de la connaissance dans les processus sociaux et économiques redouble également l’importance de l’interprétation.

Là aussi, l’auteur souligne que notre époque n’est pas la première dans laquelle l’interprétation des connaissances existe. Cependant, en lien avec la première évolution, « alors que, pendant des millénaires, l’immense majorité des populations humaines ont été mobilisées par la production des biens matériels impérativement nécessaires à leur survie biologique, les deux derniers siècles ont connu des redéploiements inouïs de productivité dans des directions qui sont de moins en moins immédiatement liées aux nécessités de la biologie. (…). Dire que nous vivons dans des cultures de l’interprétation tend donc à faire mieux apparaître que le développement de l’« infrastructure » matérielle de nos sociétés de consommation en est arrivé à se trouver suspendu à la « superstructure » immatérielle (symbolique) qui lui sert de pilote. ».

Au début d’un questionnement

Un savoir interrogé dans ses conditions de possibilité, dans ses sources, sa fabrication, telles sont parmi les caractéristiques du savoir proposé aux étudiants de l’université, dans le rapport particulier qui leur est proposé avec des enseignants – chercheurs, dans les modalités d’un travail personnel, dans un temps préservé pour un approfondissement, dans une approche progressive d’une démarche de recherche.

Cette caractéristique est-elle particulière à l’enseignement universitaire ? Les étudiants se saisissent-ils de cette dimension particulière de leur enseignement ? Sont-ils en situation de voir le lien entre cet aspect de leur enseignement et des caractéristiques aujourd’hui fondamentales et généralisées de notre société et de notre économie ? Les entreprises elles-mêmes ont-elles une appréhension positive, volontariste, de cette dimension de leur environnement et de leur réalité quotidienne ou bien la subissent-elles ? Les employeurs identifient-ils cette spécificité potentielle du rapport aux savoirs des étudiants de l’université comme un atout particulier ? etc., etc.

Autant de questions auxquelles nous allons essayer de nous confronter dans les prochaines semaines et prochains mois.

Vos contributions sont les bienvenues ! (contact@interfaces-competences.fr)

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