Skip to content

À quoi sert le diplôme ?

14 février 2011

Samedi 12 février, Interfaces Compétences avait été invitée à prendre part à la journée de rencontres inter-régionales grand ouest d’ANIMAFAC. Nous avons notamment animé un débat sur la question « À quoi sert le diplôme ». Voici quelques éléments sur cette question.

Quelques chiffres (issus des enquêtes emplois de l’INSEE) : l’importance croissante du diplôme.

En 1970, en France, le taux de chômage des jeunes non diplômés, 5 ans après leur sortie du système éducatif, était d’environs 10% plus élevé que le taux de chômage des jeunes diplômés du supérieur (Bac + 2 et plus). En 2007, cet écart est de presque 40%.

Cela signifie que l’absence de diplôme est considérablement plus pénalisante aujourd’hui qu’il y a 35 à 40 ans. En ce sens, les diplômes jouent un rôle beaucoup plus important aujourd’hui.

Dans le même temps, la proportion de jeunes diplômés dans une classe d’âge a considérablement augmenté. En 1975, parmi les personnes sorties de l’école depuis moins de 5 ans, on compte près de 4,4 fois plus de non diplômés que de diplômés du supérieur. Aujourd’hui, il y a trois fois plus de diplômés du supérieur que de non diplômés dans la même tranche.

Mais cette très forte augmentation du nombre de diplômés sur le marché de l’emploi n’a pas conduit à une sensible aggravation du taux de chômage de ces mêmes diplômés. Toujours chez les jeunes sortis depuis moins de 5 ans du système de formation, le taux de chômage des titulaires d’un diplôme du supérieur (bac +2 et plus), est passé de 4,2% en 1975 à 7% en 2007. Dans le même temps, le taux de chômage des jeunes non diplômés est passé de 13% à presque 50%.

Cet avantage au moment de l’entrée dans l’emploi se confirme également dans la progression de la carrière. Le taux d’accès à des CDI était de 86%  en 2005 chez les jeunes diplômés de 1998, contre 51% pour les jeunes non diplômés sortis la même année.

Mais le diplôme n’est pas seul garant de l’employabilité

Nous savons tous qu’il y a des diplômes très porteurs, dont les titulaires bénéficient de la renommée. Cette stratégie d’excellence, ou de « niche », c’est-à-dire de très forte adéquation avec des profils de postes très spécifiques, ne peut pas être généralisée puisqu’il est difficilement concevable que des milliers de diplômes puissent tous avoir une forte visibilité sur le marché d travail.

De plus des études du CEREQ (Centre d’étude et de recherche sur les qualifications) ont mis en évidence que plus de 50% des diplômés de l’enseignement supérieur travaillent hors de leur champ de spécialité. Ce qui laisse à penser que le marché du travail ne peut pas se résumer à une stricte correspondance 1 diplôme = 1 métier = 1 emploi.

Une très grande proportion des étudiants aurait donc fortement intérêt à travailler par eux-mêmes leur visibilité en prévision de leur arrivée sur le marché du travail. Cela suppose, paradoxalement, de ne pas consacrer 100% de ses efforts de formation au seul diplôme !

La qualité des stages effectués, la réalisation de stages volontaires, une stratégie aussi exigeante que possible dans la réalisation de jobs étudiants, un travail patient mais persévérant d’analyse, de test, et de formulation de ses compétences, le développement de compétences techniques et transversales à l’occasion d’actions associatives, le développement d’une bonne connaissance de soi, de ses motivations, de ses modes de fonctionnement (rapport au collectif, capacité à négocier, plus ou moins grande souplesse quant à ses valeurs, etc.), réalisation d’entretiens métiers pour affiner sa connaissances du monde professionnel, optimisation de ses temps de présence en entreprise lors des stages pour développer son réseau, etc., etc.

Autant de démarches qui peuvent s’articuler à un parcours de formation qui doit apporter un diplôme dont nous avons vu qu’il est une pièce maîtresse de l’insertion professionnelle, mais qui peuvent apporter un surcroît très important de visibilité sur le marché du travail.

Un diplôme n’est pas un projet

Ce travail à côté de la formation pour le diplôme peut également être le terrain de prédilection de la construction progressive, par petites touches, par essais, par expérimentation, d’un projet professionnel dont on sait à quel point il est attendu des employeurs.

Dans une économie qui modifie toujours plus vite ses produits et services, ses modes de production de ceux-ci, les métiers évoluent rapidement. Le fil conducteur de votre identité professionnelle n’est donc pas un profil stable, mais un projet, une dynamique professionnelle.

Précarité ou mobilité, la médaille a plusieurs facettes, mais il est peu probable que le marché du travail, les déroulés de carrières, retrouvent leur régularité et leur stabilité d’il y a cinquante ans.

Le diplôme est une étape très importante, mais ce n’est qu’une étape. Il y en a d’autres avant, en même temps, et longtemps après.

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :