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Diagnostic sur l’emploi des jeunes. Un avant-goût du marché du travail de demain dans son ensemble ?

7 mars 2011

« Diagnostic sur l’emploi des jeunes »,tel est l’intitulé d’un récent rapport du Conseil d’Orientation pour l’Emploi qui s’emploie à aller voir derrière la statistique globale d’un taux de chômage des 16-25 ans qui est passé de 6% à presque 25% en trente cinq ans, alors que le taux de chômage général est passé dans le même temps de 4% à 9%.

Quelques chiffres du rapport.

Dans un premier temps, le rapport du COE met en évidence les disparités très fortes entre les différents âges de la jeunesse. Ainsi, en 2009, le taux de chômage des 15-19 ans s’élevait à 29,8%, à 21% pour les 20-24 ans, et à 11,7% pour les 25-29 ans. Par contre, pour ces mêmes tranches d’âges, le pourcentage d’actifs était respectivement de 16,3%, 63,6%, et 87,6%.

Par ailleurs, le rapport met également en lumière la nature des premiers emplois. Ainsi, 75% des moins de 25 ans sont recrutés en CDD, 25% des moins de 30 ans, contre moins de 10% pour la moyenne générale sur le marché du travail. De la même manière, 5% des moins de 30 ans sont employés en intérim, contre moins de 2% de l’ensemble des salariés. Enfin, les jeunes subissent également beaucoup plus des temps partiels subits que le reste de la population.

Autre spécificité, la forte fréquence des allers/retours entre emploi et chômage. Le taux de turn-over est beaucoup plus élevé de 20 à 29 ans que pour les autres tranches d’âge.

Cette situation est assez fortement spécifique en comparaison des situations dans les autres pays de l’Union Européenne, mais qui plus est, il apparaît aussi que des évolutions fortes sont à l’œuvre. Non seulement le taux de chômage des jeunes a beaucoup plus augmenté que le chômage de l’ensemble de la population, mais en plus la mobilité intergénérationnelle s’accélère fortement. Ainsi, le taux de stabilité est passé de 43,7% en 1983 à 39,4% en  2003, et cette accélération de la mobilité intergénérationnelle c’est significativement concentrée sur une mobilité descendante, qui est passée de 18,6% à 21,9%. Ainsi, le ratio des mobilités ascendantes par rapport aux mobilités descendantes est passé sur cette période de 2,02 à 1,77.

Enfin, le rapport s’est également intéressé aux représentations croisées des jeunes et des employeurs. Alors que les jeunes pensent que les employeurs attendent avant tout d’eux de l’expérience, ceux-ci recherchent avant tout de la motivation. Les jeunes recherchent avant out une entreprise dans la quelle ils se sentent bien, beaucoup plus qu’une adéquation entre leur formation et leur emploi. Les employeurs font beaucoup plus état de difficultés d’intégration que les jeunes. Et c’est le manque de motivation que l’on retrouve comme principal grief des employeurs à l’égard des jeunes….

Ceci nous fait penser que.

Le rapport pointe l’importance et l’impact durable des conditions de la première insertion. Plus celle-ci est difficile, précaire, hachée, plus l’insertion à long terme est elle-même difficile. L’absence de diplôme, comme nous l’évoquions déjà récemment ICI, est un critère particulièrement discriminant.

S’agissant des jeunes diplômés, même si leur insertion est beaucoup moins compliquée que celle des non diplômés, il est cependant indéniable que leur insertion s’est progressivement complexifiée lors des trente cinq dernières années, que le marché du travail leur réserve beaucoup plus de précarité que pour les autres tranches d’âges, plus d’allers retours entre emploi et chômage, des préventions spécifiques de la part d’une proportion significative d’employeurs.

Mais dans le même temps, nous voyons aussi poindre des questions pour les jeunes eux-mêmes. Quelle connaissance du marché du travail a influencé leur stratégie de première insertion, au regard de taux d’insertion très différents entre différents parcours, mais aussi au sein même de certains parcours ? Quelle connaissance se sont-ils formés des attentes et comportements des employeurs ? Et donc, plus globalement, quelle a été leur stratégie d’anticipation de leur insertion professionnelle ?

Il est indéniable que des exigences spécifiques n’ont de cesse de se développer depuis quelques dizaines d’années, que des défis sont à relevés aujourd’hui qui ne se posaient pas il y a trente ans. Mais ces évolutions ne sont pas toutes spécifiquement tournées vers les plus jeunes.

Donc, alors que logiquement, les jeunes diplômés n’apparaissent pas comme le public le plus prioritaire en matière d’accompagnement vers l’emploi, il n’en est pas moins le public qui met le plus en évidence des évolutions générales et des défis qui se généralisent pour une proportion sans cesse croissante de la population active.

Cela nous conforte dans l’idée que les très nombreux travaux, expérimentations, nouvelles modalités d’accompagnement, que conduisent des universités et des structures intervenant sur ces problématiques comme Interfaces Compétences se confrontent en fait à des enjeux qui se généraliseront progressivement à l’ensemble du marché du travail.

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