Skip to content

Nouveau Pass-Pro – S-3 : Réussir sa première intégration en milieu professionnel

10 janvier 2011

Depuis bientôt dix ans, Interfaces Compétences accompagne tous les ans plusieurs milliers d’étudiants dans des démarches d’anticipation de leur insertion professionnelle, et dans la recherche des premières expériences en  milieu professionnel. Cela passe notamment par un travail particulier autour de la recherche de stage.

IV. Premiers pas en entreprise

Depuis près de deux ans, nous avons plusieurs fois ici même abordé la question non plus de la recherche de ces premières expériences professionnalisantes ou professionnelles, mais la question de la réussite de l’intégration des étudiants et jeunes diplômés, pour que ces premières expériences se passent au mieux et soient de réels tremplins.

Lieux du diagnostic

Ces notes faisaient suite soit à des échanges que nous avons pu avoir avec des professionnels, soit à des analyses de nos pratiques et des parcours des étudiants que nous accompagnons, soit encore à la veille documentaire que nous réalisons.

Dernièrement encore, nous avons fait écho au groupe de travail que nous avons mis en place avec l’AFIJ depuis bientôt un an sur cette question. Groupe de travail qui nous permet de croiser nos expériences et analyses avec celles de l’AFIJ, ainsi que de croiser celles-ci avec les expériences et expertises de DRH, de sociologues, de représentants d’employeurs, etc.

Par ailleurs, sur la base de ce travail, et en prévision de la mise en œuvre d’une procédure d’accompagnement des employeurs pour l’intégration des jeunes collaborateurs, nous avons déjà eu l’occasion de travailler ces derniers mois avec plusieurs d’entre eux pour accompagner de tels processus d’intégration, ce qui nous a permis de commencer à tester des méthodes ainsi que leurs présupposés.

La contribution du pass-pro

Le premier enjeu nous semble être de sensibiliser, d’informer les étudiants et jeunes diplômés de l’importance de cette question. Il est si difficile d’obtenir la mission de stage ou le premier emploi qui correspond à son projet, qu’il est d’autant plus regrettable de voir autant de problèmes d’intégration qui viennent amoindrir la qualité et ces expériences. Retours d’expériences et témoignages d’étudiants sont ici des moyens pour soulever cette question.

Dans un deuxième temps, il nous apparaît utile d’expliquer un certain nombre des ressorts de ces difficultés. Quelles différences entre culture étudiante et culture d’entreprise ? Les étudiants perçoivent ou anticipent des spécificités de la « culture d’entreprise », mais ne voient pas qu’ils sont eux-mêmes porteurs d’une « culture » qui a ses spécificités. Être capable non seulement d’anticiper une spécificité du milieu vers lequel on se dirige, mais également comprendre que l’enjeu est « inter-culturel », en ceci qu’il s’agit d’une rencontre de deux cultures, est tout aussi important. De plus, il nous apparaît important de mettre en évidence d’une part une « culture étudiante », en lien avec un mode de formation, et une « culture générationnelle », qui présente également quelques spécificités.

Enfin, le Pass-Pro proposera quelques outils d’accompagnement, en plus de ces informations qui en elles-mêmes sont déjà susceptibles d’accompagner la réflexion et le comportement des étudiants. Des conseils méthodologiques précis quant aux comportements à adopter lors des premiers jours en entreprise, un outil d’auto-analyse de quelques-uns de ses propres déterminants culturels sur des points pouvant plus particulièrement poser difficulté dans un processus d’intégration professionnel, ainsi qu’un « Mémo » à garder sur soi lors des premiers jours en entreprise pour être en veille quant à ces différences qui passent souvent inaperçues tant qu’elles n’ont pas conduit à une réelle difficulté.

Publicités

Nouveau Pass-Pro – S-4 : L’égalité des chances

3 janvier 2011

Nous reprenons la présentation de quelques-uns des services et accompagnements qui seront accessibles à partir du 31 janvier prochain sur la première version nationale du dispositif Pass-Pro de l’association.

III. Prendre notre part dans la recherche de méthodes favorisant l’égalité des chances

Les questions d’égalité des chances, ou de discrimination, ont été ces dernières années au cœur de nombreux discours publics ainsi que de campagnes de communication de la part d’organisations professionnelles.

Grandes opérations de recrutement de profils atypiques, CV anonyme, Charte de la diversité, travail sur les situations de handicap, etc., autant de démarches qui expérimentent, qui testent, qui recherchent une voie pour engager les pratiques de recrutement des entreprises dans une réelle ouverture aux diversités des candidats.

Lieux du diagnostic

Nous avons eu l’occasion de croiser ces questions à plusieurs reprises.

Un travail de très longue date avec l’association Handisup, qui accompagne des étudiants handicapés dans leur parcours universitaire et dans leur accès à l’emploi nous a confronté aux difficultés spécifiques rencontrées par les personnes handicapées dans les procédures courantes de recrutement.

Un ensemble d’expériences avec différents acteurs (Maison de l’Emploi de Nantes Métropole, Université Paris XIII, Représentation en France de la Commission européenne, etc.), nous ont confronté aux enjeux de l’accès de tous à des dispositifs de droit commun. Souvent, les personnes qui pourraient être perçues comme pouvant tirer le plus grand bénéfice, au regard de leur situation, de l’utilisation d’un dispositif d’accompagnement, ne sont pas celles qui l’utilisent le plus. Mais dans le cadre du développement d’un dispositif ouvert, de droit commun, il est très difficile, légalement, de mener des démarches de « discrimination positive ».

Enfin, de nombreuses situations nous ont fait observer des échecs répétés de candidatures assez difficilement explicables selon les seuls critères des compétences et de qualités des candidats.

La contribution du Pass-Pro

Nous avons choisi de décliner une méthodologie de relecture et de suivi que nous utilisons systématiquement sur les candidatures qui vont vers les offres de stages issues de notre travail direct auprès d’entreprises et d’employeurs.

Le Pass-Pro offrira la possibilité à tout-e étudiant-e considérant être confronté-e à une forme quelconque de discrimination, d’introduire un « tiers » au sein du « huis-clos » étudiant-e/ recruteur. Ce tiers, en l’occurrence Interfaces Compétences, assurera la relecture, l’envoi, et le suivi d’un certain nombre de candidatures de cet-te étudiant-e. Cette intervention sera transparente, et clairement signifiée au recruteur, non pas comme une démarche de « défiance » ou de « méfiance », mais comme une garantie apportée à celui-ci quant à la qualité de cette candidature. En effet, si le CV et, ou la Lettre de Motivation ne nous apparaissaient pas satisfaisants au regard de l’offre visée, nous retournerons à l’étudiant-e un « diagnostic » et un ensemble de conseils d’amélioration, mais nous n’adresserons pas la candidature.

Nous pensons qu’une telle démarche est à même d’une part de rassurer l’étudiant-e candidat-e, et d’autre part de susciter un regard « sur le fond » de la part du recruteur quant à cette candidature, voir de contribuer à « inhiber » d’éventuels biais discriminants conscients ou non.

Par ailleurs, le service d’assistance juridique offert par le Pass-Pro aux étudiants pourra bien évidemment être sollicité par ceux-ci sur ces problématiques.

Nous travaillerons avec quelques partenaires experts de ces questions de discrimination, pour suivre et évaluer cette expérimentation.

Étudiants stagiaires et innovation

20 décembre 2010

Dans son numéro double du 16 décembre 2010, le magazine l’Usine Nouvelle propose un cahier spécial sur « l’année technologique 2010 », comprenant notamment une série d’articles sur le thème de l’innovation. De plus, dans le dossier « Guide des bonnes pratiques » du magazine on peut lire un article intitulé « Et si vous utilisiez vraiment vos stagiaires ? ».

Le rapprochement de ces deux dossiers nous permet de faire écho à un propos que nous avions précédemment abordé dans la note Étudiants stagiaires et jeunes diplômés : un souffle de curiosité et une source d’apprentissage pour l’entreprise, si celle-ci ne se trompe pas d’objectifs.

Ce que nous disent les articles de l’Usine Nouvelle

Une interview d’Armand Hatchurel, directeur du centre de gestion scientifique Mines ParisTech pointe le fait que les entreprises qui réussissent à instaurer une dynamique d’innovation ne l’ont pas fait par « chance », sur la base de l’intuition géniale de tel ou tel collaborateur. Au contraire, ces entreprises ont su mettre en place des méthodes et des organisations propices à l’innovation.

Par ailleurs, une observation des bonnes pratiques d’un certain nombre d’entreprises met en évidence la place spécifique que celles-ci arrivent à donner aux étudiants stagiaires de sorte à nourrir les processus d’innovation, et cela dans tous les domaines. Qu’il s’agisse de l’accueil de stagiaires dans l’équipe RH d’Alcatel-Lucent, dans les services production, support de production ou bureau d’études de Latécoère, la présence de ces coéquipiers temporaires, à la culture différente, avec une approche parfois un peu théorique mais au regard non formaté par les habitudes de l’entreprise, produit des apports significatifs en évaluation des procédures et en innovation. Et au regard des témoignages, cela apparaît possible tout en se conformant aux objectifs et au cadre pédagogique des stages.

Ceci nous fait penser que

Ces analyses nous confirment dans l’idée que la manière d’intégrer des étudiants stagiaires et les types de missions qui peuvent leur être confiés, dans le stricte respect des objectifs pédagogiques des stages et des intérêts et projets des étudiants, peuvent être grandement améliorés.

Comme nous nous y employons depuis une petite dizaine d’années dans le cadre de notre accompagnement d’entreprises et d’employeurs pour l’identification de besoins dormants ou non satisfaits pouvant trouver tout ou partie de leur solution dans la mise en place d’un stage étudiant, nous pensons également que des marges de progrès très significatives existent, au bénéfice immédiat et à terme tant des étudiants que des entreprises, pour de meilleurs formes de coopération qui sont également porteuses d’une meilleure transition vers l’emploi des jeunes diplômés.

Nouveau Pass-Pro – S-7 : Préparer son projet professionnel.

13 décembre 2010

Dans la perspective de l’ouverture le 31 janvier prochain, de la première version nationale du dispositif Pass-Pro de l’association, nous continuons de vous présenter chaque semaine une des problématiques pour lesquelles les étudiants trouveront informations, retours d’expériences, conseils de professionnels, outils et services dédiés, sur cette plateforme.

II. La préparation du projet professionnel

Lieux du diagnostic

Le travail réalisé depuis bientôt dix ans par l’association Interfaces Compétences, auprès de dizaines de milliers d’étudiants, nous apporte une certaine connaissance des comportements des étudiants, de leurs difficultés, de leurs craintes, mais aussi de leur volonté, de leur dynamisme.

L’expérience du stage, qui est un des points principaux de nos interventions concrètes auprès des étudiants, est également une expérience en lien direct avec un projet professionnel.

Par ailleurs, le travail que nous avons engagé depuis le début de l’année 2010 avec l’ONISEP et le CARIF-OREF des Pays de la Loire dans le cadre d’une coopération pour le développement de la nouvelle version du dispositif MeFormer.org, nous a également apporté un ensemble d’éléments quant à l’approche « métier » d’un parcours de formation.

Constats

La pression du résultat, de l’obtention du diplôme, est telle qu’elle ne laisse que peu la place à une démarche d’anticipation qui s’autoriserait un temps significatif. Les étudiants ont tendance à gérer « chaque chose en son temps ».

Cependant, l’angoisse est réelle quant à la question de leur insertion professionnelle. Et le moment venu, les étudiants ne sont pas toujours très satisfaits de leur propre capacité à analyser les compétences professionnelles que leur apporte leur parcours de formation.

Ceci nous fait penser que

Il nous semble donc utile de « disséminer » dans les informations correspondant à des « urgences » momentanées des étudiants, des éléments leur montrant comment telle ou telle démarche peut aussi, à peu de frais, participer à la construction d’un projet professionnel.

Il en va bien évidemment ainsi de la recherche et de la réalisation d’un stage. Celles-ci pouvant donner lieu à un travail de veille sur les profils recherchés par les employeurs sur tel ou tel type d’offres. La période de stage est également un temps d’immersion dans un milieu professionnel permettant d’aller chercher de très précieuses informations.

Mais par ailleurs, des démarches pourtant simples et peu chronophages ne sont que rarement proposées aux étudiants. Ainsi nous semble-t-il que les « entretiens métiers » ou « entretiens réseaux », sont une modalité de rencontre directe de professionnels relativement accessibles aux étudiants et pouvant leur apporter des informations très concrètes et à même de les aider à opérer des choix importants.

Enfin, il nous a semblé utile également d’attirer l’attention des étudiants vers des secteurs professionnels peu ou mal connus. Nous avons choisi dans un premier temps de proposer trois focus sur les métiers de l’économie sociale et solidaire, sur les métiers de la fonction publique territoriale, et enfin sur les PMI-PME.

C’est pourquoi la nouvelle version du Pass-Pro proposera aux étudiants des aides méthodologiques pour obtenir des « entretiens métiers », proposera de manière éparse dans de très nombreuses rubriques des rappels quant à des démarches simples, facilement articulables avec des démarches déjà entreprises par les étudiants pour d’autres raisons (exemple la recherche et la réalisation d’un stage), pouvant contribuer à la construction d’un projet professionnel, mettra à la disposition des étudiants des témoignages de jeunes diplômés et de professionnels confirmés présentant des métiers ou secteurs professionnels spécifiques.

Nouveau Pass-Pro – S-8 : Combien d’accompagnements pour une bonne candidature ? Quels accompagnements pour une bonne candidature ? Dès injonctions à la compréhension.

6 décembre 2010

Le 31 janvier prochain, Interfaces Compétences mettra en ligne la nouvelle version du site pass-pro. Un dispositif désormais national et une large part des services et accompagnements accessibles sans inscription (toujours gratuite bien évidemment) seront les changements importants dans la forme. Sur le fond, comme indiqué dans une récente note, nous avons essayé d’enrichir ce dispositif en tenant compte de l’ensemble des échanges, des réflexions, du travail de veille, dont nous nous sommes régulièrement fait l’écho sur ce site.

Nous vous proposerons lors des huit semaines qui nous séparent de l’ouverture de cette nouvelle version, quelques focus sur certains enjeux sur lesquels nous proposerons des outils, informations et services renouvelés.

I. L’accompagnement à la candidature

Lieux du diagnostic

Trois « postes d’observation », qui sont aussi des lieux d’action, dans lesquels nous intervenons, nous font voir la nécessité d’une pluralité d’accompagnements pour qu’une proportion très significative d’étudiants d’un même groupe réalisent des candidatures de qualités.

À travers notre travail de relecture des candidatures des étudiants de l’université Paris 8 dans le cadre de notre participation au développement et à l’animation du dispositif RESO 8, à travers d’autre part ce même travail que nous effectuons systématiquement sur l’ensemble des candidatures déposées sur le dispositif Pass-Pro de l’association, ainsi enfin qu’à travers les interventions effectuées par l’un des membres de l’association à l’université d’Évry, nous voyons les plus ou moins grandes progressions des étudiants.

Constats

Le premier constat est simple. Un accompagnement de plusieurs heures à la démarche de recherche de stage, abordant directement la rédaction du CV et de la Lettre de Motivation, produit des effets réels, mais ne permet pas de s’assurer d’une réelle qualité des candidatures qui seront effectivement réalisées par les étudiants une fois ceux-ci engagés dans leur recherche effective.

Le deuxième constat concerne le schéma type de la lettre de motivation : « Moi, étudiant-e en telle formation, ayant un stage à effectué de telle date à telle date, serais tout particulièrement intéressé-e par votre remarquable entreprise. J’aurais à cœur de mettre en pratique mes connaissances théoriques. Je suis dynamique, adaptable, j’ai le goût de l’effort…Etc. » Il est toujours surprenant de constater à quel point ce schéma a la peau dure…. !

Le troisième constat porte sur la disponibilité des étudiants pour de tels accompagnements. Une proportion limitée d’étudiants se saisit des outils et services mis à disposition pour comprendre les enjeux d’une candidature et apprendre en conséquence les méthodes efficaces. Cette faible proportion se réduit à une portion véritablement congrue lorsqu’il s’agit, après une première formation, d’effectuer un second travail, de perfectionnement, de relecture, etc.

Ceci nous fait penser que

Ce n’est pas la qualité mais la quantité de candidatures qui fera la différence. Je ne vais tout de même pas passer une ou deux heures pour apprendre à faire un CV alors que tout le monde peut en faire un. Etc. Au regard de leur comportement, ainsi pouvons-nous nous imaginer les considérations d’un bon nombre d’étudiants.

Mais nous y voyons plus souvent une crainte anesthésiante, et une volonté de bien faire pour peu que les enjeux et leur légitimité aient été expliqués. Nous voyons aussi les injonctions contradictoires. L’énorme place du diplôme dans le cursus de formation, son impact réel sur l’insertion professionnelle, et pour autant la très grande importance d’un grand nombre d’autres traits de personnalités et caractéristiques du parcours personnel. Nous voyons enfin également l’incapacité à sortir du « temps » universitaire, pour voir les autres temporalités (celle de la recherche de stage, celle de l’anticipation de la recherche du premier emploi pour les étudiants en dernière année), etc.

Il nous semble donc contradictoire d’aborder ces questions, avec des étudiants de l’enseignement supérieur, sur le mode d’une injonction complémentaire. Il y a de dures réalités en matière d’approche du monde professionnel et du monde du travail. Mais il nous semble que plutôt que d’opposer les « injonctions » qui viendraient de cette réalité à celles que vivent quotidiennement les étudiants de l’intérieur de leur parcours de formation, il est possible de s’appuyer sur l’intelligence des étudiants.

Éclairer l’enjeu de l’accueil d’un-e étudiant-e stagiaire par une entreprise.

Donner à comprendre la difficulté de toute démarche de recrutement.

Faire comprendre l’intérêt pour soi comme pour le recruteur d’un effort pour hiérarchiser et simplifier les informations. Etc.

À l’évidence il n’y a pas de solution miracle pour faire s’engager une proportion importante d’étudiants dans une démarche d’apprentissage des méthodes de rédaction d’une bonne candidature.

Pour contribuer à cet objectif, le prochain Pass-Pro proposera un parcours de rédaction du CV et de la Lettre de Motivation, accompagné de séquences vidéos pédagogiques, ainsi qu’une mise en perspective de cet exercice également au moyens de séquences vidéos à caractère informatif.

Activité 2009 – 2010

29 novembre 2010

Vous pourrez trouver dans la rubrique « Qui sommes-nous » un rapport d’activité 2009 – 2010 de l’association. Parmi les actions engagées figure notamment un séminaire de travail mis en place avec l’AFIJ, en prolongement des réflexions dont nous nous sommes régulièrement fait écho ici sur les enjeux interculturels de l’intégration professionnelle des étudiants et jeunes diplômés.

  • Séminaire Interfaces Compétences / AFIJ sur l’intégration professionnelle des jeunes diplômés

Depuis le début 2010, Interfaces Compétences et l’AFIJ (Association pour Facilité d’Insertion professionnelle des Jeunes diplômés) ont engagé un travail d’analyse, de réflexion, de croisement d’expériences et de rencontres d’experts et de professionnels, sur la question de l’intégration des jeunes diplômés en entreprise.

Après quelques mois de travail en « interne », ce travail a commencé à associer des intervenants et invités avec notamment des séances avec Alain MERGIER, sociologue spécialiste des questions de jeunesse en entreprise, M. Boullenger, gérant d’une PME de 200 personnes en Seine-Saint-Denis, ainsi qu’une responsable du service RH de L’Oréal.

Par ce travail, Interfaces Compétences et l’AFIJ entendent construire une expertise partagée en matière d’intégration des jeunes dans l’entreprise, identifier les améliorations possibles dans les parcours de professionnalisation des étudiants en anticipation des enjeux de cette phase d’insertion, et développer des outils et méthodes d’accompagnement des jeunes diplômés et des entreprises et employeurs pour une meilleure gestion de la phase d’intégration.

Une société et une économie de la connaissance. Bonne nouvelle pour les étudiants de l’université ? Le début d’un questionnement.

22 novembre 2010

Analyser, agir, partager, dans le champ de l’anticipation de l’insertion professionnelle des étudiants et leur transition vers l’emploi, tels sont les axes de la démarche de l’association Interfaces Compétences.

La démarche d’analyse, de veille, d’échange d’expériences, a été systématisée dans notre fonctionnement depuis maintenant deux ans. Dans les toutes premières semaines de 2011 nous aurons l’occasion de vous présenter les changements opérationnels induits par les analyses conduites lors de ces deux dernières années. Qu’il s’agisse de l’accompagnement des étudiants, des services aux employeurs, ou des coopérations possibles avec des universités, l’ensemble de ces champs d’action de l’association vont bénéficier des prolongements concrets et opérationnels de ce travail de réflexion.

Ces réflexions ont notamment porté sur les aspects « culturels » de cette problématique, sur le rapport au collectif, le sens accordé au travail, les différences générationnelles.

Nous avons commencé il y a peu à toucher à la question de la « société de la connaissance » ou de l’« économie de la connaissance », à l’occasion de quelques notes sur l’histoire et les enjeux contemporains de l’orientation scolaire et professionnelle (ICI, ICI, ICI).

Nous nous proposons dans les prochains mois d’approfondir cette question, et d’explorer les enjeux, les implications, de cette réalité sur la professionnalisation et la transition vers l’emploi des étudiants et jeunes diplômés de l’université.

Des connaissances techniques et instrumentales ou une culture de l’interprétation ?

Le récent livre L’avenir des humanités, d’Yves Citton, nous donne l’occasion de cette question. Parmi les questions abordées il y a inévitablement celle de savoir si effectivement nous sommes entrés dans une telle société et une telle économie. Ce doute est rapidement levé en soulignant notamment l’accélération de la circulation de l’information, le coût marginal de cette circulation potentiellement nul, l’accélération des rythmes d’innovation à tous les niveaux de l’appareil productif, l’importance croissante des savoirs relationnels dans l’économie, la part croissante des actifs immatériels dans la valorisation des entreprises par rapport à leurs actifs matériels, etc.

Mais cette évolution est de plus porteuse d’un second niveau. En effet, l’auteur pointe le fait que cette montée en puissance de la connaissance dans les processus sociaux et économiques redouble également l’importance de l’interprétation.

Là aussi, l’auteur souligne que notre époque n’est pas la première dans laquelle l’interprétation des connaissances existe. Cependant, en lien avec la première évolution, « alors que, pendant des millénaires, l’immense majorité des populations humaines ont été mobilisées par la production des biens matériels impérativement nécessaires à leur survie biologique, les deux derniers siècles ont connu des redéploiements inouïs de productivité dans des directions qui sont de moins en moins immédiatement liées aux nécessités de la biologie. (…). Dire que nous vivons dans des cultures de l’interprétation tend donc à faire mieux apparaître que le développement de l’« infrastructure » matérielle de nos sociétés de consommation en est arrivé à se trouver suspendu à la « superstructure » immatérielle (symbolique) qui lui sert de pilote. ».

Au début d’un questionnement

Un savoir interrogé dans ses conditions de possibilité, dans ses sources, sa fabrication, telles sont parmi les caractéristiques du savoir proposé aux étudiants de l’université, dans le rapport particulier qui leur est proposé avec des enseignants – chercheurs, dans les modalités d’un travail personnel, dans un temps préservé pour un approfondissement, dans une approche progressive d’une démarche de recherche.

Cette caractéristique est-elle particulière à l’enseignement universitaire ? Les étudiants se saisissent-ils de cette dimension particulière de leur enseignement ? Sont-ils en situation de voir le lien entre cet aspect de leur enseignement et des caractéristiques aujourd’hui fondamentales et généralisées de notre société et de notre économie ? Les entreprises elles-mêmes ont-elles une appréhension positive, volontariste, de cette dimension de leur environnement et de leur réalité quotidienne ou bien la subissent-elles ? Les employeurs identifient-ils cette spécificité potentielle du rapport aux savoirs des étudiants de l’université comme un atout particulier ? etc., etc.

Autant de questions auxquelles nous allons essayer de nous confronter dans les prochaines semaines et prochains mois.

Vos contributions sont les bienvenues ! (contact@interfaces-competences.fr)