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Interdire les stages hors cursus et valoriser les stages volontaires.

25 septembre 2009

golden leader in business waySuite au rapport d’information France, ton atout « jeunes » : un avenir à tout jeune, Tome 1 préconisant des mesures en ce sens, le Sénat vient d’adopter un amendement visant à interdire les stages « hors cursus » dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la formation professionnelle. Le gouvernement avait indiqué en fin de semaine dernière sa volonté d’avancer dans ce sens. Cette mesure peut être excellente si son périmètre est bien compris.

L’hypocrisie qui conduit à ce que des jeunes diplômés, ayant terminé leurs études, puissent se voir proposer par des entreprises des « stages » d’un an ou plus à plein-temps, et puissent trouver une inscription dans une formation quelconque pour pouvoir obtenir une convention de stage, est inacceptable. Cette situation correspond à l’évidence à la mise en place d’emplois déguisés par ces entreprises (souvent de très grands groupes, il suffit de regarder les offres diffusées pour vérifier cela).

Cependant, à l’occasion de la mise en place de cette interdiction, il conviendrait d’être vigilant à ce qu’elle n’entraîne pas de fait l’interdiction d’une autre pratique qui est, elle, particulièrement utile aux étudiants, notamment dans les formations les moins « professionnalisantes ».

Les stages volontaires sont réalisés par des étudiants en formation, non pas dans le cadre d’une démarche obligatoire attachée à la validation de leur diplôme, mais à leur initiative, selon leur projet professionnel, leur souhait de tester telle ou telle piste d’orientation, leur souhait de se constituer une expérience volontairement complémentaire à leur domaine de formation, etc. De plus, ces stages ne prenant pas part à la validation des diplômes, ils offrent aux étudiants une possibilité d’expérimentation, de prise de risque, que la perspective de la notation ne laisse guère. De tels stages se réalisent le plus souvent sur des périodes de congés ou à temps partiel, selon une logique d’alternance, pendant l’année. Ces différentes caractéristiques ont de plus pour intérêt d’offrir de nombreuses opportunités auprès des entreprises et collectivités, qui peuvent ainsi confier des missions qui ne correspondraient pas aux cadres des stages obligatoires.

La mise en place de tels stages suppose donc l’acceptation, dans certains cas, du fait q’un étudiant s’écarte du domaine de spécialité de sa formation. De là à les considérer comme hors cursus…

Et pourtant, des étudiants en philosophie qui souhaitent, en parallèle de leur formation, s’initier et se construire une expérience dans les domaines de la communication ou des ressources humaines, un(e) étudiant(e) en histoire médiévale qui réalise un travail sur l’histoire d’une commune dans le cadre du développement de la politique de tourisme culturel, un(e) étudiant(e) en histoire de l’art qui réalise un recensement du patrimoine culturel d’une commune pour la construction d’un parcours touristique, un(e) étudiant(e) en droit qui effectue, sans même quitter les locaux de l’université, une veille sur la législation et la jurisprudence en matière de désamiantage pour tenir informée une petite entreprise des évolutions qui pourraient ouvrir de nouveaux marchés pour des chantiers de désamiantage, etc., sont autant d’exemples de l’intérêt de cette pratique pour la construction d’un projet professionnel personnel.

C’est pourquoi la réglementation en préparation qui visera à interdire les stages hors cursus devrait être rédigée de manière à ne surtout pas limiter la possibilité des stages volontaires. À l’inverse, cette possibilité encore peu connue de beaucoup d’étudiants mériterait bien des encouragements.

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6 commentaires leave one →
  1. Mireille permalink
    28 septembre 2009 13:46

    tout à fait d’accord; la loi devrait être clair pour ne pas pénaliser les étudiants qui veulent faire un stage (volontaire) pour appréhender le milieu professionnel et qui n’en ont pas la possibilité dans leur cursus; ou alors il faut imposer des stages professionnels dans toutes les licences et masters

  2. 29 septembre 2009 10:09

    Votre appréciation de cette ‘ mesure ‘ est pleine du bon sens que partage tous ceux/ celles qui oeuvrent dans ce champ professionnel depuis des années …

    François Roux

    01 44 07 86 24

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